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Budget communal : comment ça fonctionne ? Le guide pour tout comprendre

  • Photo du rédacteur: Equipe du Bourgmestre
    Equipe du Bourgmestre
  • 17 déc. 2025
  • 7 min de lecture

Chaque année, le budget communal est présenté, débattu et voté en Conseil communal. À Fleurus, comme dans toutes les communes wallonnes, ce moment est déterminant : il fixe le cadre financier de l’action communale pour l’année à venir. Pourtant, pour beaucoup de citoyens, le budget reste un document perçu comme complexe, voire inaccessible.



Avant d’entrer dans les tableaux de chiffres et l'analyse de montants, il est pourtant essentiel de comprendre comment fonctionne un budget communal, de quoi il est composé et quelles règles l’encadrent. Sans ces repères, lire un budget revient un peu à regarder une carte sans connaître la légende.


Cet article a donc un objectif simple : donner les clés de compréhension nécessaires pour mieux appréhender ensuite les choix et les enjeux du budget communal de Fleurus.


Le budget communal, c’est quoi exactement ?


Le budget communal est un document officiel, voté chaque année par le Conseil communal. Il s’agit d’un budget prévisionnel : il ne décrit pas ce qui a déjà été dépensé, mais ce que la commune prévoit de percevoir et de dépenser au cours de l’année à venir.


On peut le comparer à une feuille de route financière. Il traduit, en chiffres, les politiques communales : assurer la propreté, entretenir les voiries, soutenir les écoles, financer l’action sociale, garantir la sécurité ou encore investir dans de nouveaux équipements.


Il est important de distinguer plusieurs notions :

  • le budget, qui prévoit les recettes et les dépenses,

  • les comptes, qui constatent ce qui a réellement été réalisé,

  • les modifications budgétaires, qui permettent d’ajuster le budget en cours d’année si nécessaire.


À Fleurus comme ailleurs en Wallonie, le budget communal est encadré par des règles légales strictes et soumis à des contrôles. Il ne s’agit ni d’un exercice improvisé, ni d’un document purement politique.


À quoi sert concrètement le budget communal ?


Le budget communal finance l’ensemble des services publics de proximité. Il permet notamment :

  • d’assurer la sécurité,

  • de maintenir la propreté,

  • de soutenir l’enseignement communal,

  • de développer l’offre culturelle et sportive,

  • de financer l’action sociale,

  • d’entretenir les espaces publics.


À Fleurus, chaque euro inscrit au budget correspond à une mission précise. Le budget est donc la traduction concrète des choix collectifs opérés pour la commune.


Deux grandes distinctions pour mieux comprendre le budget


Pour rendre la lecture plus claire, le budget communal est divisé en deux grandes parties : le service ordinaire et le service extraordinaire. Chacune répond à une logique bien différente.


Le service ordinaire = faire fonctionner la commune au quotidien

Le service ordinaire regroupe toutes les recettes et dépenses récurrentes, celles qui reviennent chaque année. On peut l’assimiler au budget courant d’un ménage : ce sont les dépenses nécessaires pour faire tourner la maison.


On y retrouve notamment :

  • les salaires du personnel communal,

  • les frais d’énergie et d’entretien des bâtiments,

  • l’éclairage public,

  • les dotations versées au CPAS, à la zone de police et à la zone de secours,

  • ainsi que les recettes régulières, comme les impôts communaux ou le Fonds des communes.


Une règle fondamentale s’impose ici : le budget ordinaire doit obligatoirement être en équilibre. La commune ne peut pas emprunter pour payer ses dépenses de fonctionnement courant. Cette règle vise à garantir une gestion financière saine et responsable.


On pourrait dire que le service ordinaire est le carburant de la commune : sans lui, impossible d’assurer les services de base attendus par les citoyens de Fleurus.


Le service extraordinaire = investir pour l’avenir

Le service extraordinaire concerne les investissements et les opérations qui modifient durablement le patrimoine communal. Il s’agit ici de projets qui s’inscrivent dans le temps long.


Cela peut concerner, par exemple :

  • la rénovation ou la construction de bâtiments communaux,

  • l’aménagement ou la réfection de voiries,

  • l’achat d’équipements importants,

  • des projets structurants pour améliorer le cadre de vie.


Ces dépenses peuvent être financées par des subsides, des fonds propres ou, dans certains cas, par l’emprunt. Contrairement au budget ordinaire, le remboursement d’un investissement peut être étalé sur plusieurs années.

Le service extraordinaire, c’est en quelque sorte la boîte à outils de la commune pour préparer l’avenir et répondre aux besoins de demain.


D’où vient l’argent d’une commune comme Fleurus ?


Contrairement à une idée répandue, une commune ne dispose pas d’un budget illimité. Ses ressources proviennent de plusieurs sources bien identifiées, dont une partie seulement dépend directement des décisions locales.


A. Les recettes fiscales : une part essentielle des moyens communaux


  1. Les additionnels à l’impôt des personnes physiques (IPP)

Lorsque les citoyens paient l’impôt des personnes physiques, la commune perçoit une part de cet impôt sous la forme de centimes additionnels. Elle ne crée pas l’impôt de base, mais applique un pourcentage à un impôt existant.

  • Concrètement :

    • la commune dépend de la situation économique et des revenus de sa population,

    • cette recette peut varier sans que la commune n’en soit directement responsable.


  1. Les additionnels au précompte immobilier

Le précompte immobilier est lié à la propriété d’un bien. Là aussi, la commune perçoit une part via des additionnels. Ces recettes sont généralement plus stables, car elles sont liées au patrimoine immobilier présent sur le territoire communal.


👉 Un propriétaire à Fleurus contribue ainsi, indirectement, au financement de services comme l’entretien des voiries, l’éclairage public ou les équipements communaux.


  1. Les taxes communales

Les communes peuvent également instaurer des taxes communales propres, dans un cadre légal précis et contrôlé par la Région. Ces taxes peuvent concerner certaines situations ou certains services spécifiques. Elles représentent toutefois une part limitée du budget communal et ne constituent pas une source de financement illimitée.


B. Les autres sources de financement


  1. Le Fonds des communes

Le Fonds des communes est une dotation régionale destinée à aider les communes à financer leurs missions de base. Sa répartition repose sur des critères définis par la Région wallonne. On peut le comparer à une allocation structurelle, qui garantit à chaque commune un socle minimal de moyens.


  1. Les subsides et aides spécifiques

Les communes peuvent obtenir des subsides pour des projets précis : rénovation d’une école, aménagement d’un espace public, projet environnemental ou social. Ces subsides sont strictement affectés : un subside obtenu pour un projet donné ne peut pas être utilisé pour une autre dépense.


  1. Les redevances et recettes diverses

Enfin, certaines recettes proviennent de services rendus ou de locations. Elles existent, mais restent généralement marginales par rapport à l’ensemble du budget.


Comment une commune dépense-t-elle son budget ?

Comprendre les dépenses communales, ce n’est pas seulement savoir à quoi sert l’argent, mais aussi comment il est dépensé. Dans les documents budgétaires, les dépenses sont souvent classées par grandes catégories, selon leur nature. Cette classification permet de mieux comprendre où va réellement l’argent public.


A. Les dépenses de fonctionnement = faire tourner la commune au quotidien


Ce sont les dépenses nécessaires au fonctionnement quotidien de la commune. Elles reviennent chaque année et sont en grande partie incompressibles.


On y retrouve notamment :

  • Les dépenses de personnel : salaires des agents communaux, charges sociales, pensions, personnel des écoles, crèches 👉 Ce sont les femmes et les hommes qui assurent l’accueil, l’entretien, les services techniques, les écoles, les crèches, etc.

  • Les dépenses de biens et services : énergie, entretien des bâtiments et voiries, assurances, fournitures, informatique, contrats de maintenance. 👉 Ce sont souvent des dépenses peu visibles, mais indispensables pour garantir des services publics de qualité.

En résumé, les dépenses de fonctionnement, ce sont les charges fixes de la commune. Avant d’envisager de nouveaux projets, il faut déjà assurer ces bases

B. Les dépenses de transfert = quand la commune finance d’autres acteurs publics


Part essentielle mais souvent méconnues, les dépenses de transfert correspondent à des montants que la commune verse à d’autres institutions, sans les gérer directement elle-même.


On y retrouve principalement :

  • La dotation au CPAS. La commune finance son bras social, qui vient en aide aux personnes en difficulté.

  • La dotation à la zone de police. Une part importante du financement de la police locale est assurée par les communes.

  • La dotation à la zone de secours (pompiers). Là aussi, la commune participe au financement d’un service essentiel.


Ces dépenses sont obligatoires et largement déterminées par des normes légales ou supracommunales.

En bref, les dépenses de transfert, c’est l’argent que la commune verse pour que d’autres services publics essentiels puissent fonctionner. »

C. Les charges financières = le coût des investissements passés

Les charges financières regroupent principalement :

  • Les intérêts des emprunts

  • Le remboursement du capital de la dette


Même si ces dépenses sont liées à des investissements (bâtiments, voiries, équipements), elles apparaissent au budget ordinaire. 👉 C’est un point souvent mal compris : la commune rembourse ses emprunts sur son budget de fonctionnement, année après année. Chaque nouvel investissement d’aujourd’hui entraîne des charges financières pour demain. D’où l’importance d’une gestion prudente.


D. Les dépenses d’investissement = construire et rénover pour l’avenir


Les dépenses d’investissement concernent les projets qui modifient durablement le patrimoine communal :

  • construction ou rénovation de bâtiments,

  • aménagement de voiries,

  • équipements collectifs,

  • projets structurants.


Ces dépenses peuvent être financées par des subsides, des fonds propres, des emprunts.

Mais elles sont strictement encadrées :

  • on ne peut pas investir sans capacité financière,

  • ni sans respecter l’équilibre global.


Enfin, ces investissements s’inscrivent dans une vision à moyen et long terme, structurée notamment par le Programme Stratégique Transversal 2024–2030, qui organise les projets communaux sur l’ensemble de la mandature.

Quelques idées reçues sur le budget communal

❌ “La commune peut augmenter ses revenus quand elle le veut” ➡️ Faux. La fiscalité est encadrée et soumise à la tutelle régionale.

❌ “Un subside peut servir à tout” ➡️ Faux. Un subside est toujours affecté à un projet précis.

❌ “La commune peut emprunter pour payer ses dépenses courantes” ➡️ Faux. L’emprunt est réservé aux investissements.

❌ “Tout dans le budget relève d’un choix politique” ➡️ Faux. Certaines dépenses sont en effet le reflet d'une volonté politique assumée, mais une grande partie des dépenses est contrainte.

Comprendre le budget pour mieux comprendre les décisions


Avant d’analyser les chiffres du budget communal de Fleurus, il est essentiel d’en maîtriser les règles et les mécanismes. Ce dossier a pour objectif de fournir ces repères, afin que chacun puisse lire le budget avec un regard plus éclairé.



Vous souhaitez aller plus loin ? Dans notre prochain article, nous analyserons concrètement le budget communal de Fleurus, pour mettre ces principes en perspective avec des choix budgétaires réels.


👉 Comprendre le budget, c’est déjà participer à la vie démocratique locale.

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