Frelon asiatique : pourquoi l'Équipe du Bourgmestre agit et comment la commune de Fleurus protège la biodiversité
- Equipe du Bourgmestre

- 17 déc. 2025
- 5 min de lecture

Depuis plusieurs années, le frelon asiatique s’installe durablement dans nos territoires. Longtemps perçu comme un phénomène marginal ou lointain, il est aujourd’hui devenu une réalité concrète pour de nombreuses communes wallonnes. Biodiversité fragilisée, apiculteurs en difficulté, inquiétudes citoyennes : les impacts sont multiples et ne peuvent plus être ignorés.
Face à cette situation, la Ville de Fleurus a fait un choix clair : ne pas subir, mais agir, avec méthode, responsabilité et vision collective.
Le frelon asiatique : une menace bien réelle pour nos territoires
Originaire d’Asie, le frelon asiatique à pattes jaunes s’est rapidement propagé en Europe depuis le début des années 2000. En Belgique, sa présence est aujourd’hui avérée sur l’ensemble du territoire wallon. Cette espèce invasive se distingue par sa capacité d’adaptation et par son impact particulièrement destructeur sur les insectes pollinisateurs.
Les abeilles domestiques figurent parmi ses principales victimes. Un seul nid de frelons asiatiques peut consommer plusieurs kilos d’insectes par saison, mettant en péril des colonies entières. À terme, c’est tout l’équilibre de la biodiversité locale qui est menacé, avec des conséquences directes sur l’agriculture, la pollinisation et la chaîne alimentaire.
À cela s’ajoute une préoccupation légitime de sécurité publique. Installés parfois à proximité des habitations, les nids peuvent représenter un danger pour les riverains, en particulier en fin de saison, lorsque les frelons deviennent plus agressifs.
Un enjeu communal à part entière : ce que peuvent (et ne peuvent pas) faire les communes
La lutte contre le frelon asiatique ne relève pas d’une compétence unique ou simple. Les communes ne disposent ni de pouvoirs illimités ni de moyens infinis. Elles doivent composer avec un cadre légal précis, des contraintes budgétaires et la nécessité de préserver les espèces non ciblées.
Pour autant, l’échelon communal est essentiel. Parce qu’elle est proche du terrain, des citoyens et des acteurs locaux, la commune est souvent la mieux placée pour coordonner l’action, organiser la prévention et soutenir les initiatives efficaces.
Ne rien faire, ou agir de manière isolée et non coordonnée, revient à déplacer le problème sans jamais le résoudre. C’est précisément pour éviter cet écueil que l'Équipe du Bourgmestre de Fleurus a choisi une approche structurée, concertée et fondée sur des méthodes éprouvées.
De la veille à l’action : comment le plan anti-frelons de Fleurus est né
Le plan de lutte contre le frelon asiatique mis en place à Fleurus n’est pas le fruit du hasard. Il est né d’une veille proactive, menée à l’été 2025, qui a permis d’identifier des expériences concluantes à l’étranger, notamment dans la commune de Brech, en France.
Plutôt que de réinventer ce qui fonctionne déjà, le Collège communal a fait le choix du pragmatisme : analyser, comprendre, adapter. Des échanges directs ont été menés avec les responsables du projet français et avec les apiculteurs locaux, en collaboration étroite avec la Commission communale Environnement.
Cette démarche collective et transversale a permis de déposer un texte commun et de positionner Fleurus comme ville pilote, accompagnée dès le départ par la commune de Sombreffe.
Un plan structuré, fondé sur la science et l’expérience de terrain
Phase 1 : le piégeage ciblé des fondatrices au printemps
Le cœur du dispositif repose sur une idée simple mais déterminante : agir tôt. Au printemps, lorsque les fondatrices sortent d’hibernation, chaque capture empêche la création d’un nouveau nid.
Le choix s’est porté sur un piégeage ciblé, scientifiquement validé, notamment grâce aux travaux du Centre wallon de Recherches agronomiques (CRA-W). Cette approche permet de limiter drastiquement les captures d’espèces non ciblées, un point essentiel pour éviter de nuire à la biodiversité que l’on cherche précisément à protéger.
Phase 2 : détecter et détruire les nids au bon moment
Entre juin et juillet, l’enjeu devient l’identification rapide des nids primaires et secondaires. Ici encore, la collaboration avec les apiculteurs référents est centrale. Les interventions sont adaptées selon le type de nid, avec un recours à des professionnels lorsque la situation l’exige.
Le signalement via l’application FixMyStreet permet de centraliser les informations et de déterminer clairement la prise en charge des interventions, garantissant efficacité et transparence.
Phase 3 : protéger les ruches et les zones sensibles
En fin de saison, le piégeage est recentré autour des ruches et des zones sensibles. L’objectif n’est plus l’éradication illusoire, mais la protection des colonies restantes et la limitation des dégâts.
Informer, former, impliquer : une approche collective et citoyenne
La réussite d’un tel plan repose aussi sur l’adhésion et la compréhension des citoyens. C’est pourquoi la Ville de Fleurus organise des réunions d’information, diffuse des recommandations claires et insiste sur les bonnes pratiques.
La distribution gratuite de 5 000 pièges dès le mois de février s’inscrit dans cette logique : donner aux citoyens les moyens d’agir, tout en évitant les initiatives inefficaces ou contre-productives.
Une vision politique assumée : protéger le vivant, soutenir les acteurs locaux
Ce plan anti-frelons n’est pas une action isolée. Il s’inscrit dans une vision politique claire : celle d’une commune qui considère la protection de la biodiversité, le soutien à l’apiculture et la sécurité des habitants comme des priorités centrales.
Agir contre le frelon asiatique, c’est refuser la logique du laisser-faire. C’est affirmer que la transition écologique passe aussi par des décisions concrètes, locales, parfois techniques, mais toujours guidées par l’intérêt collectif.
Cette initiative s’inscrit dans les priorités du Programme Stratégique Transversal 2024–2030, qui place la protection du cadre de vie et de la biodiversité au cœur de l’action communale
Et après ? Vers une réponse coordonnée à l’échelle du territoire
Fleurus ne prétend pas agir seule. Les résultats attendus en 2026 permettront d’évaluer l’efficacité du dispositif et, le cas échéant, d’élargir la démarche aux communes voisines. L’objectif est clair : créer un réseau coordonné, capable de mutualiser les connaissances, les outils et les efforts. Parce que face à une espèce invasive, la coopération territoriale est souvent la seule réponse durable.
Agir aujourd’hui pour éviter l’urgence de demain
Le frelon asiatique est un défi complexe, mais il n’est pas une fatalité. À Fleurus, le choix a été fait d’anticiper, de structurer l’action et d’impliquer l’ensemble des acteurs concernés. Cette démarche illustre une conviction forte : la politique locale telle que la conçoit l'Equipe du Bourgmestre, a du sens lorsqu’elle protège, rassemble et agit concrètement pour le bien commun. C’est dans cet esprit que la Ville entend poursuivre son engagement, avec lucidité, responsabilité et détermination.
Vous avez repéré un nid de frelons asiatiques ou souhaitez en savoir plus sur les actions mises en place à Fleurus ? Informez-vous, participez aux réunions citoyennes et contribuez, vous aussi, à la protection de notre biodiversité locale. |
.png)
Commentaires