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Santé à Fleurus : le plan pour l'accès aux soins d'ici 2030.

  • Photo du rédacteur: Equipe du Bourgmestre
    Equipe du Bourgmestre
  • 24 août
  • 7 min de lecture

Appeler trois cabinets pour obtenir un rendez-vous. S'entendre répondre qu'on ne prend plus de nouveaux patients. Se rabattre sur les urgences de Charleroi pour un problème qui n'en relevait pas. Beaucoup de Fleurusiens connaissent cette scène. Nous avons décidé d'arrêter de la subir.


Nous avons voulu regarder la situation en face

Le 15 juin dernier, l'Observatoire de la Santé du Hainaut est venu présenter au Conseil communal le diagnostic socio-sanitaire complet de notre commune. Pas un document de communication : un profil statistique, chiffre par chiffre, comparé au Hainaut, à la Wallonie et à la Belgique.


Partant de là, le 10 juin, le Collège communal validait le Plan Santé communal 2026-2030, « Fleurus Vitalité », présenté au Conseil le 6 juillet. Un plan construit sur ce diagnostic, avec des priorités, un calendrier et des indicateurs de suivi.


Parce qu'on ne soigne pas un territoire avec des impressions. On le soigne avec des données.



La santé, un engagement pris dès le début de la mandature

Ce plan n'est pas né d'un fait divers ni d'une actualité. Il était écrit dès 2024.

Lorsque nous avons construit le Programme Stratégique Transversal 2024-2030 nous y avons inscrit la santé comme priorité, à travers deux objectifs stratégiques.


  • L'objectif 25 : améliorer l'accès aux soins et promouvoir une santé physique durable. Il se décline en trois engagements précis : élaborer une politique locale de santé fondée sur un diagnostic de territoire, améliorer l'accès aux soins et les infrastructures médicales, renforcer la prévention.

  • L'objectif 26 : soutenir la santé mentale et promouvoir le bien-être global. Trois engagements également : déployer un réseau de soutien en santé mentale, accompagner spécifiquement les enfants et les jeunes, et mener une véritable stratégie de communication contre la stigmatisation.


Le diagnostic présenté en juin par l'Observatoire de la Santé du Hainaut ne tombe donc pas du ciel : il correspond à l'action 25.1 de notre programme. Le Plan Santé validé le 10 juin correspond à l'action 25.1.2 - « formaliser le Plan Santé communal en s'appuyant sur les résultats du diagnostic, en définissant des priorités d'actions, un calendrier et des indicateurs de suivi ».


Nous avons également choisi d'inscrire ce plan dans un cadre plus large que Fleurus. Trois droits fondamentaux le structurent : le droit à une alimentation adéquate, le droit au meilleur état de santé physique et mentale, le droit à un environnement et à un cadre de vie sain. Ce ne sont pas des formules : ce sont trois grilles de lecture qui nous obligent à regarder la santé au-delà du cabinet médical. Le logement, l'alimentation, l'isolement, la qualité de l'air font partie du problème. Ils font donc partie de la réponse.


Ce que les chiffres disent vraiment de notre commune

Trois constats qui méritent d'être connus de chaque Fleurusien.


  1. Premier constat : nous manquons de médecins. Fleurus compte 15 médecins généralistes actifs, soit un médecin pour 1 528 habitants. En Hainaut, c'est un pour 992. En Wallonie, un pour 951. Notre commune dépasse largement le seuil de 1 111 habitants par généraliste qui définit officiellement une zone en pénurie, le seuil retenu par le dispositif régional IMPULSEO, précisément conçu pour encourager l'installation de médecins là où ils manquent. Ce n'est donc pas une impression. C'est un fait réel.

  2. Deuxième constat : les Fleurusiennes vivent moins longtemps qu'ailleurs en Wallonie. L'espérance de vie des femmes à Fleurus est de 80,5 ans, contre 82,4 ans pour les femmes wallonnes. Leur mortalité avant 75 ans est supérieure de 25 % à la moyenne wallonne. Chez les hommes, les indicateurs sont comparables à la moyenne régionale. Ce déséquilibre est réel, il est documenté, et il appelle une réponse.

  3. Troisième constat : la prévention ne touche pas assez de monde. Moins d'une femme fleurusienne de 50 à 69 ans sur deux (46,6 %) a réalisé une mammographie dans les deux ans, contre plus de la moitié en Hainaut et en Wallonie. Dans le même temps, la part des Fleurusiens souffrant d'une affection chronique a fortement progressé en dix ans, et le nombre de personnes traitées pour du diabète est passé de 6,9 % à 9,4 % de la population entre 2014 et 2024.


Ces trois constats se répondent. Moins de médecins disponibles, c'est moins de dépistages proposés. Moins de dépistages, ce sont des maladies découvertes trop tard. Et des maladies découvertes trop tard, ce sont des vies plus courtes.


« Quand on demande un diagnostic, il faut avoir le courage d'en accepter les résultats. Ces chiffres ne sont pas confortables et je ne vais pas faire semblant du contraire. Mais un problème qu'on nomme est un problème qu'on peut traiter. C'est pour ça que j'ai voulu que ce diagnostic soit présenté publiquement, en Conseil communal, et pas rangé dans un dossier. » Loïc D'Haeyer, Bourgmestre de Fleurus

Deux décisions concrètes, dès maintenant

Face à cela, un plan qui se contenterait de bonnes intentions ne servirait à rien. Nous avons donc inscrit deux chantiers prioritaires.


  • Un appel à projets pour une maison médicale et paramédicale à Fleurus, assorti d'incitants destinés à attirer et à fidéliser les professionnels de santé sur notre territoire. Nous ne pouvons pas décréter l'installation d'un médecin, cette compétence n'appartient pas à une commune. Mais nous pouvons rendre Fleurus attractive : un lieu, des conditions, un accompagnement. C'est ce que nous faisons.

  • Un guide numérique des prestataires de santé, pour que chaque habitant sache, en quelques clics, qui exerce quoi et où. Aujourd'hui, l'offre existe : Medi Fleurus, le centre de consultations du Grand Hôpital de Charleroi, le centre Averroès, les cabinets répartis dans les sections, le planning familial La Bulle, les services du CPAS. Mais elle est dispersée. Quand l'information est confuse, l'accès devient inégal : ceux qui savent chercher s'en sortent, les autres renoncent. Ce guide, c'est une mesure d'égalité autant qu'une mesure pratique.


La santé mentale ne sera plus un angle mort

Nous avons fait un autre choix, plus rare pour une commune de notre taille : traiter la santé mentale comme un pilier à part entière, et non comme un chapitre secondaire.


Concrètement, cela signifie structurer un réseau local reliant professionnels, associations, écoles et CPAS, pour qu'une personne en difficulté trouve rapidement la bonne porte. Cela signifie aussi renforcer la prévention auprès des enfants et des jeunes, en milieu scolaire, et étudier la création d'une Maison de l'Enfance avec l'ONE et les familles.


Et cela signifie en parler. Casser le tabou. Parce que le premier obstacle à l'aide, c'est encore trop souvent la honte de la demander.


« Sur le terrain, je vois des gens qui abandonnent avant même d'avoir commencé, parce qu'ils ne savent pas à quelle porte frapper. Mon objectif est simple : qu'un Fleurusien qui a besoin d'aide sache où aller en moins de cinq minutes. Ça vaut pour un médecin, ça vaut pour un soutien psychologique. », Melina Cacciatore, Échevine des Affaires sociales

Le calendrier que nous nous imposons

Un plan sans dates, ce sont des intentions. Voici donc le nôtre, tel que repris dans le Plan Santé.


  • 2026 - Enclencher. Lancement de l'appel à projets pour la maison médicale et paramédicale, avec les incitants destinés à attirer les professionnels. Élaboration et diffusion du guide numérique des prestataires. Lancement de l'étude de faisabilité de la Maison de l'Enfance avec l'ONE et les familles.

  • 2027 - Piloter. Création de l'Observatoire communal de la santé, chargé de suivre les pathologies les plus fréquentes, de conseiller les élus et d'orienter les actions de santé publique. Mise en œuvre de la campagne de communication multisupports sur la santé mentale.

  • 2028-2029 - Déployer. Structuration des partenariats avec les professionnels de la santé mentale, avec un accompagnement combinant consultations collectives et individuelles. Intégration dans les écoles de programmes de prévention des addictions et de sensibilisation à la santé mentale.

  • 2030 - Évaluer et consolider. Mesurer ce qui a fonctionné, arrêter ce qui n'a pas marché, pérenniser le reste.


À cela s'ajoutent des actions menées en continu, chaque année de la mandature : campagnes de dépistage et de sensibilisation gratuites, promotion de l'alimentation saine et locale avec l'intégration de produits locaux dans les cantines scolaires et des ateliers éducatifs contre l'obésité infantile, élargissement du dispositif Sport sur Ordonnance, et organisation d'événements citoyens thématiques.


Cette trajectoire suit une logique simple : structurer d'abord, déployer ensuite, consolider enfin. On ne construit pas une politique de santé en distribuant des annonces. On la construit en posant des fondations qui tiendront après nous.


Ce que ça change concrètement

Pour une maman qui élève seule ses enfants (et elles sont nombreuses, Fleurus compte plus de familles monoparentales que la moyenne wallonne), une maison médicale, c'est un seul déplacement au lieu de trois. Un médecin, un kiné, une prise de sang, au même endroit. C'est aussi ce que nous faisons déjà avec Frigus et les ateliers cuisine, quand l'alimentation devient une question de budget avant d'être une question de santé.


Pour un retraité qui ne conduit plus, c'est un point d'entrée lisible au lieu d'un labyrinthe de numéros de téléphone.


Pour une femme de 55 ans qui n'a jamais fait de mammographie parce que personne ne le lui a proposé, c'est une campagne de dépistage gratuite près de chez elle. Nous en avons organisé une l'an dernier lors d'Octobre Rose : plus de 800 personnes sensibilisées. Nous allons en faire une habitude, pas un événement.



Cette cartographie met en évidence une offre réelle, mais parfois dispersée. Elle confirme l’importance de renforcer la lisibilité des parcours, la capacité d’orientation et la coordination entre acteurs, afin de faciliter l’accès aux ressources, en particulier pour les publics les plus exposés aux obstacles (mobilité, information, disponibilité, continuité).

Notre cap

Soyons honnêtes sur ce qu'une commune peut faire. Nous ne formons pas les médecins. Nous ne fixons pas le prix des consultations. Nous n'avons pas d'hôpital général sur notre territoire.


Mais nous pouvons faire en sorte qu'on trouve plus vite quelqu'un qui soigne. Nous pouvons rassembler des acteurs qui, aujourd'hui, travaillent chacun dans leur coin. Nous pouvons agir sur ce qui rend malade avant la maladie : le logement, l'isolement, l'alimentation, le manque d'activité physique. Et nous pouvons rendre des comptes chaque année, chiffres à l'appui, sur ce que nous avons tenu et ce que nous n'avons pas encore tenu.


C'est le rôle que nous assumons : celui d'assembleur et d'orienteur. Une commune qui ne soigne pas, mais sans laquelle on se soigne moins bien.


Nous nous sommes engagés à améliorer le quotidien des Fleurusiens. La santé n'est pas un chapitre parmi d'autres de cet engagement. C'est le premier.


Et vous, quel est votre principal obstacle pour accéder aux soins à Fleurus ? Le délai ? La distance ? Le coût ? Le fait de ne pas savoir vers qui vous tourner ?


Dites-le-nous en commentaire : vos réponses nourriront directement le travail du service santé et de l'Observatoire communal.


👉 Pour suivre l'avancement du Plan Santé mois par mois, inscrivez-vous à la newsletter de l'Équipe du Bourgmestre. Chaque mois, nous vous rendons compte de ce qui avance concrètement à Fleurus.


Continuons ensemble à faire avancer Fleurus.


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