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Réforme du logement wallon : pourquoi nous demandons à y voir plus clair

  • ghielmijulian
  • 24 août
  • 4 min de lecture

Lors du Conseil communal de juin, la Ville de Fleurus a rendu un avis défavorable en l'état sur le projet de réforme du logement porté par la Région wallonne. Majorité et opposition ont voté ensemble, à l'unanimité.



Mais, de quoi parle-t-on exactement ?

Le Gouvernement wallon veut réorganiser la politique du logement autour d'une Agence wallonne de l'Habitation et de 14 grands « Pôles locaux du logement ».


L'idée ? Regrouper tous ceux qui s'occupent de logement (communes, CPAS, sociétés de logement, agences immobilières sociales, guichets énergie) pour que le citoyen ne doive plus frapper à quatre portes avant de trouver la bonne.


Sur le principe, nous sommes d'accord. Le paysage actuel est trop compliqué, et c'est d'abord le citoyen qui en paie le prix.


Si on s'arrête là, Fleurus serait rattachée au pôle Charleroi métropole. Et c'est là que ça se complique.


Trois raisons qui nous ont fait dire stop

  • Un pôle de 602 000 habitants, ce n'est plus local. Ce pôle représenterait à lui seul près d'un Wallon sur six. Notre société de logement, Mon Toit Fleurusien, y pèserait 4,6 % du parc public. Concrètement : la voix des locataires fleurusiens deviendrait un murmure dans une assemblée de dizaines d'acteurs. On ne peut pas appeler « local » une structure où personne ne connaît vos rues.


  • On nous a demandé de signer avant de savoir. Courrier de la Ministre du Logement, Cécile Neven (MR), le 15 mai. Réunion de présentation le 18 mai. Réponse attendue le 15 juin. Un mois pour valider une carte, sans connaître les missions exactes de ces pôles, qui y décidera, avec quel argent, selon quelles règles, ni ce qui se passe en cas de désaccord. A Fleurus, avec l’Équipe du Bourgmestre, on ne signe pas un contrat dont les clauses seront écrites plus tard.


  • Une bonne gestion ne peut pas devenir un handicap. La réforme évoque une mutualisation des moyens entre opérateurs. Mon Toit Fleurusien gère 954 logements avec 17 travailleurs et une situation financière saine, fruit d'années de gestion rigoureuse. Nous soutenons la solidarité entre territoires. Mais la solidarité, ce n'est pas prendre à ceux qui ont bien géré pour combler ailleurs. C'est partager des compétences, des outils, des expertises.

« On nous demande de signer une carte avant de nous dire ce qu'il y aura dessus. Nous avons préféré répondre sérieusement plutôt que rapidement. Ce n'est pas un refus de la réforme : c'est un refus du chèque en blanc. » explique Loïc D'Haeyer, Bourgmestre

Non, ce n'est pas un refus

Il faut être clair, parce que certains voudront lire notre position comme un blocage.


Nous ne sommes opposés ni à la réforme, ni à la simplification, ni à une meilleure coordination entre acteurs. Nous l'avons écrit noir sur blanc : cet avis ne constitue pas un refus de principe.


Ce que nous demandons à la Région tient en une phrase : clarifiez d'abord, cartographiez ensuite. Quelles missions ? Quelle gouvernance ? Quels moyens ? Quelle place pour les communes et les CPAS, qui sont en première ligne ? Quelles garanties de proximité ? Répondez à ces questions, et nous reparlerons de la carte.


Pendant ce temps, à Fleurus, ... on agit concrètement

Un mot sur ce qui nous paraît le plus révélateur dans ce dossier.

La Région promet un « guichet unique » du logement. Nous en construisons déjà un. L'ancien hôtel de ville de Wanfercée-Baulet deviendra la Maison de l'Énergie et du Logement : conseil sur les primes, accompagnement aux économies d'énergie, aide juridique et technique, point de contact avec l'Agence Immobilière Sociale. C'est inscrit dans notre programme de mandature depuis 2024.


Nous ne refusons donc pas le guichet unique. Nous refusons qu'il soit à quarante minutes de bus. Et nous continuons à agir sur le reste : 50 nouveaux logements publics prévus durant la mandature, 100 logements gérés par l'AIS d'ici 2030, lutte renforcée contre les marchands de sommeil, taxation des logements laissés vides et à l'abandon.

« Les gens qui viennent nous voir pour un problème de logement ne cherchent pas un formulaire. Ils cherchent quelqu'un pour les aider. Simplifier ne doit jamais vouloir dire éloigner. » confie Nathalie Coduti, Échevine du Logement

Notre position

Le logement est un droit fondamental. C'est aussi une matière profondément humaine : derrière chaque dossier, il y a une famille qui déménage, un aîné qui ne peut plus chauffer, un jeune qui cherche son premier appartement.


Une réforme utile, nous la voterons. Une réforme qui éloigne la décision des habitants, nous la discuterons, pied à pied, et sans agressivité, mais sans reculer non plus. C'est précisément ce que nous avons fait le 15 juin dernier. Et l'unanimité du Conseil montre que sur ce point, à Fleurus, il n'y a pas de majorité et d'opposition pour ce type de dossiers. Il y a des élus qui défendent leurs habitants.


Avez-vous déjà renoncé à une démarche logement parce que vous ne saviez pas à qui vous adresser ? Dites-le-nous en commentaire : c'est exactement ce qui nourrit notre travail sur la future Maison de l'Énergie et du Logement.



Continuons ensemble à faire avancer Fleurus.

 
 
 

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